Discours de Michel Vaspart lors de son départ de la fonction de Maire de Pleudihen-sur-Rance

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Monsieur le Maire, mon cher David, Monsieur le Sous-Préfet,

Mon Commandant, Monsieur le Curé,

Chers collègues élus, Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Tant de noms que je pourrais ce soir, devant vous, énumérer et qui, à un moment ou à un autre, m’ont aidé dans cette responsabilité tout à la fois lourde, mais ô combien passionnante, de 1er magistrat de cette si belle et attachante commune.

25 ans, presque, viennent de s’écouler et ce fut à la fois intense – parfois très intense – mais tout compte fait, ce mois d’avril 1992, mes chers amis, pour moi, c’était hier !

Alors du fond de mon cœur, merci ! Merci de m’avoir fait confiance depuis toutes ces années. Merci à tous les élus qui ont œuvré pour notre commune et avec qui j’ai eu l’honneur de travailler. Merci à l’ensemble des personnels de la Mairie, du SIVOM, les Sapeurs-Pompiers, de notre Maison de Retraite à laquelle nous sommes tant attachés. Merci à mes 2 collaboratrices directes, Martine et Françoise, pour m’avoir supporté tout au long de ces années ! Merci à tous mes adjoints, notamment à Bertrand PANGAULT qui me supplée depuis mon élection au Sénat.

J’ai bien entendu, ce soir, une pensée particulière pour Jean-Yves PRIE, élu depuis 1977 à qui j’ai remis avec David, il y a 2 jours, la médaille du Sénat pour ses si nombreuses années passées au service des Pleudihennais.

Et puis celui qui fût mon 1er Adjoint jusqu’en 2014, élu lui aussi en 1977, et qui a accepté de laisser sa place à une nouvelle génération. Vous savez bien sûr que je parle de Maurice BOIXIERE. J’ai le plaisir de lui remettre également cette médaille du Sénat pour son dévouement au service des Pleudihennais.

Merci aux élus et au personnel de Dinan Communauté avec lesquels je travaille semaine après semaine depuis 1995 dans les responsabilités qui ont été les miennes tout au long de ces années.

Merci aussi bien sûr à ma famille, à mes proches, à celles et ceux que j’aime pour avoir supporté des emplois du temps parfois infernaux et souvent avec des changements de dernière minute, perturbant la vie de famille, les vacances et même parfois les jours de Noël.

Merci du fond du cœur, à vous tous, Pleudihennaises, Pleudihennais, pour, sans discontinuer, avoir fait confiance aux équipes municipales que j’ai eu l’honneur de vous présenter et ensuite d’animer.

Ce fut le cas en 1992, puis en 1995, puis encore en 2001 et encore en 2008 et aussi en 2014.

Tout au long de ces 25 années, toutes les équipes qui se sont succédées ont eu à cœur de servir l’intérêt général avec respect, équité et pragmatisme avec toujours pour objectif de trouver ce difficile équilibre entre les demandes individuelles que nous devons essayer de satisfaire si, et seulement si, elles correspondent aussi à ce qu’est l’intérêt public de la commune.

Mes chers amis, ce soir, il n’est pas question que je vous dresse une liste à la Prévert sur les services et réalisations décidées depuis 1992. Mais plutôt quelques impressions sur ce que j’ai ressenti au travers de ces mandats qui se sont succédés.

D’abord un honneur, une grande émotion, une immense responsabilité que de se voir confier par la population le rôle de 1er Magistrat de sa commune. C’est incontestablement le plus beau des mandats de la République française.

L’une de mes premières impressions au lendemain de mon élection, ce fut de constater les litiges, les conflits de voisinage et les demandes d’arbitrage auprès du Maire ou des Adjoints.

Je me souviens avoir écrit lors d’un de mes tous premiers éditoriaux de Pleudihen Village qui paraît, je vous le rappelle, tous les vendredis matin depuis le 12 janvier 1979, une histoire sur un mal qui avait atteint une partie des habitants d’un village de France. Peut-être était-ce le nôtre ?

Ce mal provenait d’une sorte de moustique inconnu des spécialistes. Il s’était installé dans le village et avait piqué une partie de la population.

Ce moustique maléfique n’a malheureusement pas totalement disparu, il sévit toujours…

Ce moustique capable de semer la zizanie dans un village s’appelle l’INTOLERANCE.

Mon cher David, il te faudra faire preuve de vigilance, parfois d’autorité, pour qu’il ne prolifère pas trop !

Rassembler au lieu de diviser, ce fut aussi, après 1992, ce que je me suis efforcé de faire. Essayer de rendre les choses et les gens plus paisibles. Le fleurissement et les repas de villages y ont sans doute un peu contribué, et l’apaisement des conseils municipaux.

Mes chers amis, le Maire se trouve souvent être le témoin de malheurs, d’accidents ou de grandes difficultés. C’est sur ces « faits divers » comme l’on dit un peu maladroitement, que l’on rentre au cœur des familles qui attendent en ces lourds moments, un réconfort, une présence, des mots les plus apaisants possible.

Cette responsabilité, dont les Maires parlent rarement, celle qui effectivement est la plus difficile, la plus délicate, la plus humainement dure, mais ô combien importante pour celles et ceux qui sont touchés dans leur chair et dans leur tête.

Impression forte aussi lorsque le Maire, accompagné de son Conseil municipal, trois, quatre ou cinq fois par an, se trouve devant le Monument aux morts à déposer une gerbe, lorsqu’il a sous ses yeux 140, 150, 200, 300 noms gravés dans le marbre, les familles de sa commune qui ont donné leur vie pour que nous restions français.

Impression forte aussi lorsque vous avez deux jeunes mariés devant vous. Là, c’est le bonheur parce qu’ils s’engagent devant vous. Vous êtes le premier témoin et c’est vrai que cela m’a toujours énormément ému, énormément impressionné, jusqu’au dernier qui était récent et qui était celui d’un des employés de la commune.

Et puis, le mandat de Maire, d’Adjoint ou de Conseiller municipal, c’est décider de gérer, de développer sa commune, c’est faire des choix dans les projets et les investissements. Nous avons toujours souhaité privilégier les projets et l’investissement.

Lorsque nous avons refait le bourg, il y a eu beaucoup d’inquiétude de la part des habitants, tant évidemment les changements étaient importants et les travaux un peu titanesques. Néanmoins, très vite, chacun s’est approprié les nouveaux espaces et ce fut le cas dans toutes les phases de rénovation du bourg et des nombreux villages que nous avons réalisées. Chacun sait que le changement fait toujours peur. Les Pleudihennais n’y ont pas échappé.

Nous avons beaucoup pensé à la jeunesse, aux jeunes générations tant en matière de service que d’investissement. Que ce soit l’école communale, la cantine, l’ALSH, le transport scolaire, l’espace ADO.

Pour les aînés, notre maison de retraite a été entièrement rénovée, les repas à domicile mis en place, l’espace square du verger avec ses 13 maisons locatives.

Pour les actifs, une grande zone d’activités avec des entreprises implantées que nous sommes allés chercher : CELOG par exemple, Laurent PELLIER, MENAGE qui ont renforcé les emplois que nous avions déjà sur notre commune. Aujourd’hui, nous avons, à Pleudihen, plus d’emplois que d’actifs !

Et puis (c’est un peu l’heure du bilan pour moi), puis-je ajouter que je suis heureux d’avoir fortement contribué à l’implantation de KERMENE à Vildé et KERMENE 2 à Trélivan, dans le cadre de mes fonctions à Dinan Communauté et d’avoir, je crois, contribué au développement économique de notre intercommunalité. C’est réellement pour moi une vraie fierté, car, mes amis, sans entreprise, pas d’emploi, pas de création de richesse. C’est la base même de tout développement de territoire.

A Pleudihen, nous avons aussi des équipements sportifs de qualité avec de belles infrastructures pour une commune de 3 000 habitants et notamment, nous avons été les premiers dans notre région à installer un terrain synthétique.

Mes chers amis, bien sûr la liste est loin  d’être exhaustive et, vous savez, que mes interventions ne sont jamais trop longues. Celle-ci n’échappera donc pas à la règle.

Mais, pour conclure, ce qui m’aura très profondément marqué, c’est l’extraordinaire rénovation de Notre-Dame de Pleudihen-sur-Rance. La force des éléments et l’ouvrage du temps ont eu trop tôt raison de sa beauté.

Vaisseau blessé, elle était dans la pénombre, au bord du crépuscule, l’heure était venue de lui redonner une nouvelle lumière.

Cathédrale de pierre, elle est devenue, l’espace d’un instant, à l’échelle de son temps, Cathédrale de fer, close et silencieuse.

Puis, comme pour retrouver sa fierté un peu oubliée, elle montre à nouveau l’immaculée blancheur de sa flèche qui contraste fortement avec le granit breton qui la soutient.

Reconnaissable entre toutes, originale, devenue familière, elle domine la campagne des bords de Rance et marque la présence de Pleudihen, de Dinan à Saint-Malo et de Saint-Malo au Mont Saint-Michel.

Son clocher a retrouvé ses gargouilles, ses clochetons et ses trèfles ; solide, il a repris son élan vers la voûte étoilée.

Puis le fer a envahi ses entrailles pour la soigner et la guérir.

Elévation de ses blancs piliers vers la voute céleste, pureté des verticales, harmonie des matières et des volumes, majesté de la nef, quiétude du chœur.

Nous nous devions, mes chers collègues, de prendre soin d’elle. Elle qui depuis sa naissance en 1880 a accueilli tant d’hommes, tant  de femmes et tant d’enfants, ponctuant ainsi les évènements de la vie, ponctuant ainsi le temps qui s’écoule, de la naissance à la mort, d’un angélus à l’autre.

A travers un extrait de ce texte que j’ai eu le bonheur d’écrire pour l’inauguration des travaux, vous aurez compris à quel point la restauration de cet édifice m’aura profondément marqué et j’ai une pensée particulière, en cet instant, pour l’Abbé RAFFRAY.

Mon cher David, l’angélus du soir a  sonné. Il est temps que la jeune génération prenne les rênes des destinées de notre chère commune. Il est temps que je parte, doucement, sur la pointe des pieds, et plus complètement en 2020.

David, tu devras être tenace, même pugnace et parfois taper du poing sur la table, car il est étonnant de voir aujourd’hui le grand nombre de personnes qui est dans une logique d’empêchement plutôt que de facilité. Et oui, chers amis, si on n’y prend garde, on aura bientôt, dans notre pays, plus de contrôleurs que d’acteurs.

David, je te sais profondément enraciné dans cette terre pleudihennaise que tu aimes et que tu chéris au travers de tes engagements. C’est un honneur et une lourde responsabilité et je sais que, non seulement tu sauras t’en montrer digne, mais je sais aussi que tu le feras avec équité, humilité et honnêteté.

Beaucoup savent que mon souhait était, bien avant les dernières élections municipales, de pouvoir installer dans la sérénité une nouvelle génération aux commandes de la commune.

Je crois profondément, avec l’expérience qui est dorénavant la mienne, qu’il est difficile de mener de front, en étant efficace, un mandat de parlementaire avec des exécutifs locaux.

La loi qui va s’appliquer doit rendre les élus raisonnables pour ne pas convoiter des mandats qu’ils seraient obligés de lâcher quelques mois plus tard. Je crois que les électrices et les électeurs l’accepteront de moins en moins.

Mes chers amis, il est temps de vous dire à nouveau merci pour votre soutien, merci pour la grande qualité des échanges et des relations qui ont ponctué ces 25 années.

Permettez-moi de terminer mon propos sur une citation d’Albert SCHWEITZER :

« La gratitude est le secret de la vie. L’essentiel est de remercier pour tout. Celui qui a appris cela sait ce que vivre signifie. Il a alors pénétré le profond mystère de la vie »

Chers amis, Que la joie soit dans les cœurs ! Je vous aime !

                                                                                                                      Michel VASPART