Message de Michel Vaspart à l’occasion de la conférence agricole organisée au Sénat le 16 juillet 2015

Crédit photo : Sénat / Sonia Kerlidou

Crédit photo : Sénat / Sonia Kerlidou

Alors que la crise agricole et les manifestations d’agriculteurs et d’éleveurs se poursuivent dans toute la France, le Sénat, à l’initiative de son Président, Gérard Larcher, a organisé une grande conférence, le jeudi 16 juillet, avec les représentants des filières porcine, bovine et laitière, de la distribution et de l’industrie agroalimentaire, en présence du Ministre de l’Agriculture.

Depuis, le mouvement des éleveurs s’est accentué sur tout notre territoire. Ainsi, en Bretagne, de nombreux axes ont été bloqués plusieurs jours et certaines communes, dont Dinan, ont subi des opérations « ville morte » avec le blocage de leurs voies d’accès.

Le 22 juillet, le Gouvernement a fini par annoncer un plan d’urgence de 600 millions d’euros.

Sensible à la question agricole, maire d’une commune qui compte plusieurs exploitations, Michel Vaspart a souhaité délivrer ce message à l’occasion de la conférence du 16 juillet :

 » Avec infiniment de regrets, je ne peux assister à cette conférence réunissant, à l’initiative de notre Président Gérard Larcher, les principaux acteurs des filières agricole et agroalimentaire françaises, et remercie Rémy Pointereau, mon collègue du Cher, d’avoir bien voulu transmettre mon message.

La Bretagne est particulièrement touchée et je souhaitais faire cette contribution.

J’ai eu l’occasion d’interpeller les acteurs de la grande distribution au travers d’un courrier auquel je ne changerais pas une virgule. Depuis plusieurs décennies, dans un certain nombre d’activités, notamment dans les produits agricoles, la grande distribution a contribué à faire baisser les prix, a, directement ou indirectement, permis d’imposer à ses fournisseurs des gains de productivité et cela a pu être bénéfique pendant de nombreuses années, notamment en maintenant un taux d’inflation faible.

Aujourd’hui, et depuis plusieurs années déjà, cette pression a été de nature à réduire les marges des industriels qui ont été contraints, pour les conserver, de s’orienter pour leur production vers des achats étrangers.
Je n’ai aucune hésitation à sensibiliser et mettre les industriels également devant leur conscience.

Car nous connaissons la situation. Nous connaissons les niveaux de prix nécessaires, nous connaissons aussi les difficultés d’une partie de la filière agricole et nous connaissons l’urgence d’y apporter des solutions, structurelles et conjoncturelles.

Mais aujourd’hui, chacun doit prendre ses responsabilités et agir en conscience : distributeurs, transformateurs, mais aussi pouvoirs publics.

Je ne suis sénateur que depuis quelques mois, mais je suis effaré de voir à quel point nos institutions ont du mal à simplifier, à quel point les lois qui se succèdent avec 100, 200, 300 articles ne font souvent que complexifier au lieu de simplifier. Les récents textes relatifs à la transition énergétique et à la biodiversité ne font qu’y contribuer.

J’ai dit par deux fois à la tribune du Sénat que le Parlement serait bien avisé de consacrer le quart de son temps à étudier, réformer et supprimer les lois qui, en France, contribuent à bloquer notre pays.

Alors, oui, chacun doit se ressaisir pour sauver notre agriculture, l’agroalimentaire et les emplois bien entendu qui en découlent.

Ce n’est plus aujourd’hui en étant toujours moins cher, en tirant toujours plus les prix vers le bas, en trouvant que le SMIC est trop cher, en développant partout l’emploi partiel que nous redonnerons du pouvoir d’achat à celles et ceux qui achètent au quotidien et qui permettent de faire tourner l’économie.

Nous ne faisons en ce moment que nous appauvrir collectivement.

Nous sommes tous concernés et j’espère que cette conférence et les actions menées par les agriculteurs un peu partout en France seront le déclic des consciences. »

Michel VASPART
Sénateur des Côtes-d’Armor
Maire de Pleudihen-sur-Rance