Ouest-France du 20 décembre 2017 (site Internet). « Dinan Agglomération va-t-elle trop vite en besogne ? »

Paul PÉAN.

Le conseil intercommunautaire s’est tenu lundi soir. Certains élus reprochent à Dinan agglomération de reprendre trop de compétences aux communes.

L’ordre du jour est copieux pour le dernier conseil de l’année. Le débat sur le projet d’aménagement et de développement durable (Padd) est un gros morceau. Il doit fixer les orientations générales à l’horizon 2032 pour le plan local d’urbanisme intercommunal de l’habitat. C’est-à-dire les politiques d’aménagement du territoire, de l’habitat, des transports et de développement économique.

Un sujet d’envergure auquel Dinan agglomération s’attelle pour redistribuer les compétences entre l’intercommunalité et les communes. « Nous avons un coup d’avance sur les intercommunalités voisines. Soyons fiers de ce que nous faisons aujourd’hui. Mesurons le travail accompli et finalisons ce qu’il nous reste à faire », s’enthousiasme Arnaud Lécuyer, président de Dinan agglomération.

Un zèle freiné par certains élus : « À trop transférer de compétences communales à l’intercommunalité, on risque de perdre des communes », lâche Michel Vaspart, conseiller de Pleudihen-sur-Rance et sénateur des Côtes-d’Armor.

« Afficher nos ambitions »

Le sénateur veut plus de souplesse dans le Padd : « Il faut laisser des possibilités d’ouverture. Les lois vont changer et il ne faut pas se laisser enfermer » dans ce projet. « S’il y a une évolution, il faut qu’on puisse en profiter. » Philippe Landuré, élu de Quévert, remarque, amèrement, qu’« une certaine musique nous dit de ne pas aller trop loin. Au contraire, c’est le moment d’afficher nos ambitions ».

Le débat du soir n’a pas remis en cause les fondements du Padd. Les élus déplorent l’abondance de termes techniques ou un vocabulaire inadapté. Quant aux questions plus poussées sur la vente de terrains sur la côte, la balle est renvoyée dans le camp de la loi Littoral.

La mise en place du Padd n’est pas soumise au vote de suite. Il devra être construit courant 2018. Dans quinze ans, l’agglomération pourrait accueillir 15 000 habitants de plus et espère construire 555 logements par an sur la période.

L’affaire sur les subventions aux associations remet la reprise des compétences au centre de la discussion. Dinan agglomération souhaite aider financièrement les associations et les événements d’envergure intercommunautaire. Le financement des associations plus tenues resterait à la charge des communes.

Patrick Barraux, maire de Plancoët intervient : « Au lieu d’aller chercher des compétences partout, il faut d’abord aider les associations. »

« L’agglo ne peut pas tout faire »

La discussion se poursuit à la lueur du jour suivant. La prochaine affaire concerne les emplois dans les services de l’agglomération. « L’importante augmentation des effectifs ne doit pas se faire au détriment de l’investissement, met en garde Michel Vaspart. Attention à ce qu’on ne se retrouve pas avec une explosion de la masse salariale. »

Piqué au vif, le président rétorque au sénateur : « Alors rendons du fonctionnement aux communes : la lutte des nuisibles, la gestion des intervenants en milieu scolaire, les équipements sportifs, les piscines… »

Mickaël Chevalier, maire de Plumaugat, lance dans la foulée : « Je suis pour que les communes reprennent des compétences. Dinan agglo ne peut pas tout faire. »

Le conseil d’agglomération en bref

Transport et mobilité

La mise en place des services de transport « permettra de répondre aux besoins du public et de réduire l’usage du véhicule personnel », résume Didier Lechien, rapporteur de la commission en délibérer. « À commencer par le réseau Dinanbus pour desservir les centres-bourgs de Taden, Léhon, Quévert et Lanvallay, les aires de covoiturage, la gare de Dinan, les services publics, les centres de santé et les zones d’activités commerciales. Le réseau de transport à la demande sera développé en parallèle pour améliorer le transport vers les communes rurales et les gares de Broons, Plancoët, Caulnes et Dinan. »

Sans oublier le développement des aires de covoiturage, les stations de vélo-partage, des boxes sécurisés d’accueil de vélo, des arrêts de bus et de taxi et des places de stationnement.

Des plateformes de logistique pourraient être constituées pour réguler le flux de poids lourds et assurer la livraison en centre-ville. Une réflexion est également menée sur l’achat de bus et de véhicules au gaz naturel.

Le coût de fonctionnement pour 2018 est estimé à 720 000 € TTC. Celui des investissements est calculé à 1 560 000 € TTC.

Concernant les transports scolaires, la Région assurera le transport sur les lignes qui sortent de l’agglomération jusqu’au 31 décembre 2019. Sur les autres axes, non assurés par l’agglomération, la compétence est déléguée à d’autres autorités. Pour un coût de 233 043,34 €.

Une annonce bienvenue pour l’écologiste Michel Forget et l’élue dinannaise et présidente de la Mission locale Anne-Sophie Guillemot. Pour se faire, les entreprises privées et publics de plus de onze salariés devront contribuer au versement transport. Gérard Berhault, maire du Hinglé, espère un taux modéré.

L’affaire est votée avec une voix contre, celle de Christophe Ollivier, maire d’Aucaleuc.

Fibre optique

Le déploiement de la fibre optique à Fréhel – Les Sables-d’Or-les-Pins est adopté. 621 prises estimées seront posées pour de 276 345 €.

Sports

La salle de sport dite CFA (club franco-anglais) sur le complexe sportif Némée, à Dinan, change de nom pour éviter de la confondre avec le CFA d’Aucaleuc. Elle devient la salle Stéphane-Houdet, du nom du tennisman handisport médaillé olympique et parrain du club.